Samedi après-midi & soirPour ce Rabelais Meet, je m'étais fixé comme objectif de jouer avec des véhicules afin de franchir enfin un cap dans les règles sur ce chapitre que j'ai bien dû mal à ingurgiter seul. Gégé s'était donc proposé pour un scénario "d'initiation" sur ce thème et avait choisi pour cela
Under the Noel Trees (23).
Le 25 décembre 1943, à Champs, en Belgique, les SS du Panzergrenadier Regiment 115 tentent de déborder les paras américains encerclés dans Bastogne. Pour ce faire, ils sont épaulés par le Panzer Battalion 115 qui leur fournit pas moins de sept blindés ! Rassurez-vous, les paras ne sont pas démunis puisque en plus de leurs bazookas (4), ils sont appuyés par deux tank destroyers, lesquels commencent planqué (HIP) au setup !
Excellent choix de mon hôte ; j'ai beaucoup de matos à disposition avec 5 Panzer IVH et 2 Stugs et l'objectif d'en sortir quatre de l'autre côté de la map (ou trois, à condition d'avoir infligé plus de CVP à l'adversaire). Je vais donc être obligé de manipuler mes véhicules, l'infanterie n'étant là que pour les épauler. On rajoute à cela quelques règles du "full", dont certaines déjà vu en SSR du côté du SK ; un tank leader, du winter camouflage, de la neige au sol, de l'open top (côté TD U.S), des riders...
C'est copieux mais pas du tout indigeste grâce à l'aide de mon tuteur qui prend le temps de détailler les points clefs.
Les deux premiers tours sont relativement "calmes" (à l'exception de quelques accrochages entre fantassins) et me permettent d'apprendre à manoeuvrer mes chars, à faire débarquer l'infanterie... et de découvrir que tirer en mouvement avec ces "grosses bêtes" est loin d'être efficace étant donné la somme de malus à appliquer pour une telle action. Le char, c'est certes un (plus ou moins) gros canon posé sur des chenilles (ou des roues... ou des deux !), mais si il ne se pose pas pour tirer, les chances de faire mouche sont très faibles. C'est ma première leçon ; ce n'est pas l'arme ultime du champ de bataille, ou en tout cas pas comme ça !
La partie se corse au moment où je pointe un bout de museau d'acier sur la deuxième carte (occupée par les américains).
Jouant au "Secret Santa", un tank destroyer caché dans les bois expédie un cadeau de 76mm sur un de mes Panzer IV qui passait naïvement par la route (préalablement "boresightée") pour contourner le bois central. Plaisir d'offrir, joie de recevoir ; "
mein choli Panzer est kaputt !" L'équipage, qui n'a même pas compris ce qui se passait, ne s'en sort pas non plus. Plus rigolo encore, le char ennemi reste caché (enfin, "concealed" pour être précis) ; je vois d'où le coup est parti mais je ne sais pas ce que c'est ! Oh oh oh, comme dirait le vieux monsieur à la longue barbe blanche et au manteau rouge.
Pas avare de (mauvaises) surprises dans leur hotte, c'est ensuite le sniper américain qui loge une balle entre les deux yeux de mon leader 9-1 ; non vraiment, c'est un super Noël !
Pourtant, les choses vont petit à petit tourner en faveur des allemands. Tout d'abord, le deuxième tank destroyer, très excentré (sur la droite de la défense), rate le carton sur un deuxième blindé ennemi pour une hindrance de trop (un tout petit brush de rien du tout qui sauve provisoirement mon AFV). Ce miss l'oblige à consacrer un tour supplémentaire pour traiter sa cible ce qui s'avèrera précieux en fin de partie ; malgré ses 24 MPs, il est loin, très loin, de la bagarre principale.
Car en effet, dans le même temps, le premier tank destroyer révélé se retrouve désormais avec pas moins de quatre "chasseurs" sur le dos. Les premiers tirs le ratent mais l'américain doit manoeuvrer pour se sortir de ce mauvais pas ; il tente de se protéger avec des fumigènes aimablement prêtés par les copains à pied mais cela ne suffira pas. Aligné par les prédateurs adverses, il finit en flammes sans laisser aucune chance de survie à l'équipage. Le 75L, c'est quand même un bel ouvre-boîtes !
Mon grand sens tactique (entendre par là surtout un p... de coup de chance !) fait qu'à ce moment là, j'ai quatre blindés en position de sortir à l'opposé du dernier tank destroyer et avec une bonne partie de l'infanterie U.S hors de position (ah oui, je ne vous l'ai pas dit ; je ne sais pas non plus qui porte les bazookas côté ricains !).
La fin de partie est tendue de chez tendue.
Pêle-mêle, un squad U.S ayant réussi à se rapprocher voit son baz' dysfonctionner au moment de prendre sa chance (il finira découpé par la MG coaxiale d'un Panzer), un de mes chars enrayent sa mitrailleuse, le dernier tank destroyer tente un tir désespérée à très longue portée pour neutraliser un blindé allemand (sans succès), et je découvre que les MGs peuvent essayer en désespoir de cause de viser volontairement les chenilles d'un tank pour l'immobiliser (deliberate immo) ; des jets de dés très difficiles qui ne passeront pas...
Superbe partie à fort suspens où j'ai appris vraiment plein de trucs ; je l'emporte (avec les conseils de Phil D et même de Gégé, ne nous leurrons pas) sur le fil.
Et pendant ce temps là...Mon fils enchaîne les deux premières parties du "full" de sa jeune carrière de wargameur.
Le grand classique,
Gavin Take, dans sa version remaniée pour le module historique
Chef du Pont (CdP01), avec Phil D.
Malgré la présence d'un leader américain plus boosté aux hormones qu'un boeuf d'élevage dans un ranch texan (10-3 le garçon !), ses parachutistes ne parviendront pas à prendre le pont. La faute à un "killer stack" perché en hauteur dans un bâtiment qu'il n'arrivera pas à gérer. Sa tentative par le champ de céréales plutôt que par le centre du village s'avère une erreur. A ASL, on apprend aussi parfois (et surtout ?) dans la douleur.
Et
Forest Brothers, un scénario très original paru dans le
Winter Offensive Bonus Pack 2018, avec Brazouk.
Au printemps 1945, des éléments du NKVD (220ème NKVD Border Regiment) prennent d'assaut une position fortifiée tenue par des partisans lituaniens connus sous le nom de "Frères de la Forêt". La carte est petite mais barrée par une grande colline boisée à plusieurs niveaux. Il y a un petit char côté soviétique (T-26 M31) histoire d'aborder les véhicules en douceur... et en terrain difficile et quelques ordonnances. Peu de tirs du fait des forêts de pins et des hauteurs qui contraignent fortement les LoS. Mon fils a adoré sa partie ! Il m'a parlé longuement d'âpres mêlées dans les bois, de combats féroces au corps-au-corps, et de russes dopés à la vodka, capables de se battre à 1 contre 3... et de survivre ! Malgré cette extraordinaire bravoure, cela reste un échec pour les soviétiques qui ne parviennent pas à prendre les deux derniers hexagones de l'objectif. Mais en tout cas, ça lui a laissé des souvenirs impérissables !