Où l’on prépare sa partie avec un plan infaillible !Et du coup, côté jeu, ça donne quoi ?
Le scénario de Critical Hit oppose deux forces interarmes composées de quelques squads... et de plusieurs blindés bien évidemment. Cerise sur le gâteau, il y a en plus un module d’artillerie hors carte (OBA) côté britannique. Si je suis désormais à l’aise sur l’infanterie et les ordonnances, et si je commence à comprendre les chars côté règles (mais côté utilisation tactique, ce n’est pas encore cela !), cette fameuse artillerie sera une grande découverte (surtout que ce n'est même pas abordé en
SK, du moins dans les modules de base).
Côté terrain, Villers-Bocage, dans la réalité, cela ressemble à ça...
Pour y être allé, j’en garde le souvenir d’une petite ville, assez charmante par ailleurs, située sur une colline pas très haute. Dans le scénario de Critical Hit (qui se joue sur la carte 24), le village est au contraire dans une petite dépression. Dans tous les cas, il y aura du dénivelé léger ce qui semble conforme à la topographie réelle même si personnellement j’aurai inversé les hauteurs (l’inconvénient des cartes géomorphiques... quoique sur Vassal, je pense qu'il y aurait facilement moyen de transformer la dépression en colline).

La carte est assez encombrée comme vous pouvez le constater, avec pas mal d’éléments que je découvre pour la première fois. Néanmoins, l’action se concentrant probablement sur le village et le carrefour situé à l’entrée ouest du bourg (objectifs de victoire marqué d’un "V"), on ne devrait être confronté qu’à des terrains assez "classiques" ; des bâtiments en bois ou en pierre, des bois, des champs de céréales... même la gestion du petit vallon ne m’inquiète pas vraiment ; j’ai déjà vu cette situation au Rabelais Meet. Seule vraie nouveauté pour moi, les murs et les haies... que je vais avoir tendance à oublier au cours de la partie mais que mon partenaire ne manquera pas de me rappeler à juste titre.
A ma demande, il me refait également un petit brief sur les "blind hexes" que j'avais, j'avoue, pas complètement compris au Rabelais. Au final, c'est, comme souvent avec ce système, d'une logique implacable et une fois que l'on a compris ce que cela cherche à simuler, l'immersion vient rappeler la règle.
Côté objectif, comme je vous le disais plus haut, tout se joue autour du carrefour de la route de Caumont. Les britanniques tiennent ce précieux croisement au début du scénario et le but des allemands (que j’incarnerai pour cette partie) est de les repousser au-delà ; à la fin du scénario, il ne devra plus y avoir de blindés britanniques avec un canon fonctionnel ayant une ligne de vue sur le carrefour. Les fumigènes ne comptent pas pour la détermination de cette ligne de vue victorieuse. Vous verrez que cela a son importance !
Un plan infaillible que je vous dis !Pour mener cette contre-attaque, on me confie donc six squads Elite (5-4-8) et deux leaders (9-1 et 8-0), le tout devant se répartir une MMG, deux LMG et un Panzershreck. Mais bien entendu, le gros de ma force est composé de quatre blindés, parmi lesquels trois magnifiques Panzer VIE, fleurons de l’industrie teutonne ! Avec son blindage avant de 11, il n’a pas grand-chose à craindre des Cromwells adverses (au nombre de deux), lesquels n’ont quasiment aucune chance de le détruire avec leur canon de 75 ("to kill" de 14 ce qui, une fois retranché mon blindage de 11, ne laisse qu’un kill sur un 3-). Non, la seule vraie menace pour mes Tigres est le Firefly adverse ; un Sherman équipé d’un canon de 76mm à haute vélocité (LL) capable de m’ouvrir en deux sur un tir direct ("to kill" de 23, ce qui, même avec un blindage de 11, me détruit sur n’importe quel résultat autre que 12) . Je dois le débusquer rapidement et essayer de l’éliminer à tout prix ! J’ai bien conscience de l’enjeu, gentiment rappelé par l’Eléphant avant le début des hostilités !
Mon dernier blindé est un Panzer IVH, un classique de l’armée allemande, qui est certes plus fragile que mes Tigres mais dont le canon long de 75mm est largement suffisant pour percer les blindages adverses.
Et pour symboliser la compétence de Wittmann et de ses hommes, je dispose de deux chefs de char ; un 10-2 et un 9-1 ; des bons bonus qui me permettront de toucher plus facilement.
Mon déploiement (et ma stratégie) est donc le suivant :
Ma force d’assaut principale se trouve au centre du dispositif, là où la densité urbaine est la plus forte (1) ; ces fantassins seront chargés d’avancer jusqu’au grand bâtiment de pierre qui domine le carrefour stratégique. Comme c’est ici que je m’attends aux combats les plus âpres, je lui adjoins mon meilleur leader (le 9-1) afin de maximiser mes chances de les rallier quand ils finiront immanquablement par craquer.
Je sais que de coutume les meilleurs leaders sont avec les armes "lourdes" typiquement les MMG ou HMG et je déroge donc à la tradition, espérant aussi surprendre un peu mon adversaire (spoiler : cela ne va pas du tout fonctionner !). Ma MMG (2) est positionnée loin du front mais avec une vue dégagée sur le carrefour ; j’espère ainsi mettre sous le feu tout fantassin anglais qui tenterait de contester ma position.
Mon deuxième leader (3) prend en charge un squad et sa LMG pour là encore mettre l’objectif sous le feu en s’emparant d’un bâtiment tout proche de sa position initiale et qui a vu sur le croisement. Enfin, mon squad avec son Panzershreck (4) est positionné au nord ; mon idée est d’attendre que les blindés anglais se révèlent pour qu’il puisse aller chercher une position de tir, et c’est pour cela que je l’écarte du groupe "central" afin qu’il ne s’englue dans des combats urbains à courte portée où son arme anti-char l’handicaperait (l’usage de ce genre d’armement en espace confiné exposant le tireur et ses camarades à un "backblast").
Reste à savoir ce que je fais de mes blindés...
L’une des particularités du scénario est que tous les véhicules (sauf un char anglais au choix du joueur) commencent cachés (HIP) au setup ; le premier tour se fait donc "à l’aveugle" pour les deux camps, chacun devant deviner où se trouvent les chars de l’autre dans une partie de cache-cache où le perdant a de fortes chances d’y passer.
Je décide de placer mon Panzer IV (5) sur la gauche de mon dispositif ; mon idée est qu’il remonte l’axe sud du village en direction du carrefour pour servir d’appât et amener les blindés britanniques à se découvrir. Sur la crête, à ses côtés, je positionne un Tigre (6) avec l’idée de lui faire faire un large mouvement de contournement pour déborder le carrefour et les éventuels anglais qui s’y trouveront. Ce char est dirigé par mon deuxième "tank leader" (9-1).
Ayant deux chars au sud, je décide tout naturellement de positionner les deux autres au nord. Un Tigre (7) aura pour mission de remonter l’axe nord en direction du carrefour pour "fermer la pince". Enfin, Wittmann (8 ) se tient en retrait, prêt à foncer là où on aura besoin de lui.
Comme vous vous en doutez, sur le papier, mon plan me paraît extrêmement bien pensé et (quasi) infaillible.
...
Du moins jusqu’à ce que je découvre le setup adverse !