Sur les pentes verdoyantes de Baron-sur-Odon, l'opération Epsom s'est brisée sur un mur de fanatisme et d'acier. Alors que les premières lueurs de l'offensive devaient ouvrir la route de Caen à la 11th Armoured Division, les fantassins britanniques se sont élancés à l'assaut des vergers et des haies tenus par les jeunesses fanatisées de la Hitlerjugend. C'était un combat de boue et de sang, une lutte au corps à corps où chaque pouce de terrain s'arrachait dans l'exaspération des charges à la baïonnette. Submergée par la rage défensive des SS, l'infanterie s'est enlisée, noyant son élan dans un sacrifice stérile qui la coupa trop tôt de ses appuis mécaniques.
Dénués de toute protection organique, les blindés de Sa Majesté se sont avancés à découvert, livrés à la curée. Surgissant des ombres de la crête, les redoutables canons de 88 mm ont déchiré le silence et les tôles à bout portant, transformant la plaine en un cimetière de carcasses fumantes. Même l'ironie du sort — clouant le Panther adverse à de vaines réparations de son tube principal — n'offrit aucun répit aux Britanniques, impuissants face au mur de feu dressé devant eux. Les rugissements lointains des chasseurs-bombardiers Typhoon n'y changèrent rien, s'écrasant d'impuissance contre l'acharnement retranché des artilleurs allemands.
À la tombée du jour, face à l'inéluctable raréfaction des munitions et à l'amoncellement des corps, les Hussards durent ordonner l'immémorial et amer repli. Ils laissaient derrière eux la colline 112 jonchée de ferraille tordue et de vies brisées.
Bref vous l'aurez compris, la colline 112 restera aux mains des SS pour l'instant !