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CH 41 - Test of Nerves

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Non, non, vous ne rêvez pas ! Ce qui va suivre est bel et bien un modeste CR d’une partie du grand ASL. Pas la version "pour les petits" que je pratique habituellement, non (je plaisante bien sûr, j’adore le Starter Kit, vous le savez !)... mais bel et bien une partie du grand frère avec son imposant corpus de règles. Je remercie l’Eléphant qui a accepté de me consacrer une grosse après-midi pour que je continue à appréhender ce grand classique du wargame tactique.

Or donc, nous nous sommes opposés sur un scénario de Critical Hit, le CH41, intitulé Test of Nerves. Et tout d’abord, un petit peu de contexte historique.

Villers-Bocage, Normandie, le 13 juin 1944

Normalement, rien qu’à l’évocation du lieu, je pense que tout amateur de la période aura deviné de quoi il s’agissait. Néanmoins, au cas où, petit rappel des faits.

Le 12 juin 1944, l’escadron "A" du 4th London Yeomanry appartenant à la 7th Armoured Division britannique (aussi connu sous le nom de "Desert Rats") a été sévèrement accroché aux alentours du petit village normand de Villers-Bocage alors qu’il tentait de contourner les forces allemandes pour s’ouvrir la route vers le sud de Caen, objectif majeur du secteur anglais après le débarquement. Ayant perdu plusieurs blindés, les "Rats" sont contraints de se replier et la progression est momentanément stoppée.

Le lendemain, l’escadron "B", ignorant le sort de leurs camarades, fait route vers l’objectif. C’est en apercevant les carcasses des véhicules détruits la veille que le Lieutenant Cotton réalise l’ampleur du désastre et décide prudemment de stopper sa progression au niveau du carrefour principal croisant la route de Caumont. Il envoie alors le Firefly commandé par le sergent Bramall en reconnaissance dans les rues de la ville pendant que le reste de sa colonne coupe les moteurs afin de mieux entendre l’approche des blindés allemands.

Ce que les britanniques ignorent c’est que de l’autre côté de la bourgade, des éléments de la seconde compagnie de chars lourds de la Schwere SS-Panzer-Abteilung 101 commandée par l’as allemand Michael Wittmann montés au front depuis la Seine-Maritime ont pris position entre la sortie est de la ville et la cote 213, objectif fixé par les alliés.

La suite, vous la connaissez sûrement...

Le 13 juin 1944 à 9h00, Wittmann et son Tigre prennent par surprise la colonne britannique alors qu’elle se redéploie. Dans sa percée vers le coeur de Villers-Bocage, l’as allemand fait un "carton", détruisant 10 half-tracks, 4 Universal Carrier, 2 transports de troupe, 2 canons anti-chars (6-pdr) et 3 chars légers Stuart. Mais son épopée ne s’arrête pas là ; dans les rues de la ville, Wittmann et son équipage détruisent 2 Shermans de commandement (du 5th Royal Horse Artillery), 1 scout car et 1 half-track supplémentaire. Ce n’est qu’arrivé sur la place Jeanne d’Arc qu’il doit faire face à un candidat sérieux ; un Firefly commandé par le sergent Lockwood de l’escadron "B" ! Le char britannique tire pas moins de quatre fois et endommage le Tigre d’un coup au but dans la coque. Ce dernier riposte mais manque sa cible. Néanmoins, la munition touche un mur qui s’écroule sur le Sherman, l’empêchant de poursuivre le combat.

Wittmann opère alors un demi-tour et remonte la rue Clémenceau où le tir d’un canon anti-char l'atteint au niveau de sa chenille gauche, immobilisant le monstre. Qu’à cela ne tienne, Wittmann et ses hommes parviennent malgré cela à détruire un Cromwell britannique d’un tir dans la tourelle qui fait exploser ses munitions avant de repousser un assaut d’infanterie avec la MG34 embarquée du blindé. Finalement, l’as allemand et ses coéquipiers abandonnent leur blindé pour regagner leurs lignes à pied.

Malgré l’exploit de Michael Wittmann, les britanniques tinrent l’ouest de Villers-Bocage une grande partie de la journée, repoussant plusieurs assauts allemands, notamment grâce au soutien de l’artillerie. Pour autant, à 16h00, les officiers du 4th London Yeomanry décident de retraiter, mettant fin aux espoirs alliés de contourner la ligne de front et de mettre la pression sur les forces allemandes stationnées au sud de Caen.

Il faudra attendre le 04 août 1944 et le succès de l’opération Cobra pour que les alliés (re)prennent Villers-Bocage sans combattre, les allemands l’ayant évacué la nuit précédente.

Un Tigre et un Panzer IV détruits dans la rue principale de Villers-Bocage
« Modifié: 17 Juillet 2026, 16:16 par Uphir »
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Où l’on prépare sa partie avec un plan infaillible !

Et du coup, côté jeu, ça donne quoi ?

Le scénario de Critical Hit oppose deux forces interarmes composées de quelques squads... et de plusieurs blindés bien évidemment. Cerise sur le gâteau, il y a en plus un module d’artillerie hors carte (OBA) côté britannique. Si je suis désormais à l’aise sur l’infanterie et les ordonnances, et si je commence à comprendre les chars côté règles (mais côté utilisation tactique, ce n’est pas encore cela !), cette fameuse artillerie sera une grande découverte (surtout que ce n'est même pas abordé en SK, du moins dans les modules de base).

Côté terrain, Villers-Bocage, dans la réalité, cela ressemble à ça...


Pour y être allé, j’en garde le souvenir d’une petite ville, assez charmante par ailleurs, située sur une colline pas très haute. Dans le scénario de Critical Hit (qui se joue sur la carte 24), le village est au contraire dans une petite dépression. Dans tous les cas, il y aura du dénivelé léger ce qui semble conforme à la topographie réelle même si personnellement j’aurai inversé les hauteurs (l’inconvénient des cartes géomorphiques... quoique sur Vassal, je pense qu'il y aurait facilement moyen de transformer la dépression en colline).


La carte est assez encombrée comme vous pouvez le constater, avec pas mal d’éléments que je découvre pour la première fois. Néanmoins, l’action se concentrant probablement sur le village et le carrefour situé à l’entrée ouest du bourg (objectifs de victoire marqué d’un "V"), on ne devrait être confronté qu’à des terrains assez "classiques" ; des bâtiments en bois ou en pierre, des bois, des champs de céréales... même la gestion du petit vallon ne m’inquiète pas vraiment ; j’ai déjà vu cette situation au Rabelais Meet. Seule vraie nouveauté pour moi, les murs et les haies... que je vais avoir tendance à oublier au cours de la partie mais que mon partenaire ne manquera pas de me rappeler à juste titre.

A ma demande, il me refait également un petit brief sur les "blind hexes" que j'avais, j'avoue, pas complètement compris au Rabelais. Au final, c'est, comme souvent avec ce système, d'une logique implacable et une fois que l'on a compris ce que cela cherche à simuler, l'immersion vient rappeler la règle.

Côté objectif, comme je vous le disais plus haut, tout se joue autour du carrefour de la route de Caumont. Les britanniques tiennent ce précieux croisement au début du scénario et le but des allemands (que j’incarnerai pour cette partie) est de les repousser au-delà ; à la fin du scénario, il ne devra plus y avoir de blindés britanniques avec un canon fonctionnel ayant une ligne de vue sur le carrefour. Les fumigènes ne comptent pas pour la détermination de cette ligne de vue victorieuse. Vous verrez que cela a son importance !

Un plan infaillible que je vous dis !

Pour mener cette contre-attaque, on me confie donc six squads Elite (5-4-8) et deux leaders (9-1 et 8-0), le tout devant se répartir une MMG, deux LMG et un Panzershreck. Mais bien entendu, le gros de ma force est composé de quatre blindés, parmi lesquels trois magnifiques Panzer VIE, fleurons de l’industrie teutonne ! Avec son blindage avant de 11, il n’a pas grand-chose à craindre des Cromwells adverses (au nombre de deux), lesquels n’ont quasiment aucune chance de le détruire avec leur canon de 75 ("to kill" de 14 ce qui, une fois retranché mon blindage de 11, ne laisse qu’un kill sur un 3-). Non, la seule vraie menace pour mes Tigres est le Firefly adverse ; un Sherman équipé d’un canon de 76mm à haute vélocité (LL) capable de m’ouvrir en deux sur un tir direct ("to kill" de 23, ce qui, même avec un blindage de 11, me détruit sur n’importe quel résultat autre que 12) . Je dois le débusquer rapidement et essayer de l’éliminer à tout prix ! J’ai bien conscience de l’enjeu, gentiment rappelé par l’Eléphant avant le début des hostilités !

Mon dernier blindé est un Panzer IVH, un classique de l’armée allemande, qui est certes plus fragile que mes Tigres mais dont le canon long de 75mm est largement suffisant pour percer les blindages adverses.

Et pour symboliser la compétence de Wittmann et de ses hommes, je dispose de deux chefs de char ; un 10-2 et un 9-1 ; des bons bonus qui me permettront de toucher plus facilement.

Mon déploiement (et ma stratégie) est donc le suivant :


Ma force d’assaut principale se trouve au centre du dispositif, là où la densité urbaine est la plus forte (1) ; ces fantassins seront chargés d’avancer jusqu’au grand bâtiment de pierre qui domine le carrefour stratégique. Comme c’est ici que je m’attends aux combats les plus âpres, je lui adjoins mon meilleur leader (le 9-1) afin de maximiser mes chances de les rallier quand ils finiront immanquablement par craquer.

Je sais que de coutume les meilleurs leaders sont avec les armes "lourdes" typiquement les MMG ou HMG et je déroge donc à la tradition, espérant aussi surprendre un peu mon adversaire (spoiler : cela ne va pas du tout fonctionner !). Ma MMG (2) est positionnée loin du front mais avec une vue dégagée sur le carrefour ; j’espère ainsi mettre sous le feu tout fantassin anglais qui tenterait de contester ma position.

Mon deuxième leader (3) prend en charge un squad et sa LMG pour là encore mettre l’objectif sous le feu en s’emparant d’un bâtiment tout proche de sa position initiale et qui a vu sur le croisement. Enfin, mon squad avec son Panzershreck (4) est positionné au nord ; mon idée est d’attendre que les blindés anglais se révèlent pour qu’il puisse aller chercher une position de tir, et c’est pour cela que je l’écarte du groupe "central" afin qu’il ne s’englue dans des combats urbains à courte portée où son arme anti-char l’handicaperait (l’usage de ce genre d’armement en espace confiné exposant le tireur et ses camarades à un "backblast").

Reste à savoir ce que je fais de mes blindés...

L’une des particularités du scénario est que tous les véhicules (sauf un char anglais au choix du joueur) commencent cachés (HIP) au setup ; le premier tour se fait donc "à l’aveugle" pour les deux camps, chacun devant deviner où se trouvent les chars de l’autre dans une partie de cache-cache où le perdant a de fortes chances d’y passer.

Je décide de placer mon Panzer IV (5) sur la gauche de mon dispositif ; mon idée est qu’il remonte l’axe sud du village en direction du carrefour pour servir d’appât et amener les blindés britanniques à se découvrir. Sur la crête, à ses côtés, je positionne un Tigre (6) avec l’idée de lui faire faire un large mouvement de contournement pour déborder le carrefour et les éventuels anglais qui s’y trouveront. Ce char est dirigé par mon deuxième "tank leader" (9-1).

Ayant deux chars au sud, je décide tout naturellement de positionner les deux autres au nord. Un Tigre (7) aura pour mission de remonter l’axe nord en direction du carrefour pour "fermer la pince". Enfin, Wittmann (8 ) se tient en retrait, prêt à foncer là où on aura besoin de lui.

Comme vous vous en doutez, sur le papier, mon plan me paraît extrêmement bien pensé et (quasi) infaillible.

...

Du moins jusqu’à ce que je découvre le setup adverse !
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British did a bad bad thing


La grosse (et mauvaise) surprise vient de la présence d’un Cromwell VI (1) pile poil sur le bâtiment que je visais avec le gros de mon infanterie... car oui, un char peut parfaitement se trouver dans un hexagone de bâtiment (il peut même rentrer dedans si l'équipage a verrouillé les écoutilles !) ; j’ai beau le savoir, ça (me) surprend toujours ! Avec son obusier de 95mm (munitions HE), il est redoutable contre mon infanterie... et défend la zone qu’elle devait prendre ; une sacrée épine dans mon pied !

Je me dis que mes blindés pourraient surgir de part et d’autre de sa position pour le prendre de flanc et lui régler son compte rapidement (il n’a qu’un faible blindage de 4 sur les côtés) mais je me doute que les anglais ont positionné une couverture sur la crête qui surplombe le carrefour (2) ; peut-être le canon AT de 6 livres ? Peut-être le Firefly ? Je ne sais pas... mais j'ai peur !

Je note aussi la position du PIAT (3) au nord du bourg ; son "to kill" de 15 ne m’impressionne guère mais il a quand même moyen de me désosser un Tigre sur un tir de flanc ou sur l’arrière. Il va falloir le traiter rapidement pour ne pas ralentir ma progression.

Seul point positif à tout cela, l’unique leader anglais (4), qui est là quasi exclusivement pour commander les tirs d’artillerie, est dans l’axe de ma MMG. Avec un peu de chance, si je parviens à l’éliminer, les quelques squads d’infanterie adverses qui pourraient breaker seront bien en peine pour se rallier. Et ayant déjà la supériorité numérique en termes d'infanterie...

Enfin, je m'attends à ce que quelques blindés anglais soient restés très en retrait, prêts à foncer vers l'objectif (et la victoire) au dernier tour si les choses se passent mal. Moi en tout cas, c'est ce que je ferai !
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Acte I - Panzer in flames

Non contents de se positionner en deuxième, les anglais sont aussi les premiers à agir dans ce scénario... mais solidement ancrés sur leurs positions défensives, ils choisissent pour la plupart de laisser venir leurs adversaires. Le Cromwell équipé de l'obusier commence à régler la mire, couvrant ainsi l'axe probable d'arrivée des allemands.

Un Cromwell Mk VI CS (Close Support)

Le leader britannique, sentant lui-aussi l’ennemi arriver, parvient à établir le contact radio avec la batterie de mortiers de 76mm située au-delà de ses lignes arrières mais aucune mission d'appui feu n’est disponible. Frustré, il n’a toutefois pas le temps de pester car le feu d’une MMG allemande s’abat sur sa position ; les vitres explosent, le bois éclate, la pierre souffre... et les nerfs de notre sous-officier sont mis à rude épreuve ; il craque et choisit de retraiter prudemment hors du vallon.

Les hostilités sont ouvertes !

Fort de ce tir de couverture, les allemands se lancent à l'assaut ; les fantassins investissent les rues de Villers-Bocage (1), profitant des maisons pour s'abriter du feu adverse. La LMG est mise en batterie à la position souhaitée (2) et la MMG se rapproche des combats.

Au nord, les blindés se dévoilent. Un premier Tigre s'avance le long de la route pour s'approcher du coeur de la ville (3). Au sud, c'est le Panzer IV qui s'élance à son tour, empruntant lui aussi les rues de la bourgade, et ce afin de tenter d'aller chercher un angle sur le flanc du Cromwell qui bloque l'infanterie ; il est épaulé par un Tigre qui le couvre depuis les hauteurs qui domine le hameau.

Mais c'est alors qu'ils progressent en se couvrant l'un et l'autre que le drame se produit.

C'est l'équipage du Panzer IV qui est le premier à repérer la masse métallique cachée dans un petit bosquet sur les hauteurs qui surplombent le carrefour de la route de Caumont. A peine les tankistes ont-ils eu le temps de comprendre ce dont il s'agissait qu'un premier obus à haute velocité vient ricocher miraculeusement sur leur blindage ! Ils n'auront toutefois pas le temps de dire "ouf !" car un deuxième obus vient percuter leur blindé qui... s'embrase immédiatement sans leur laisser la moindre chance de s'en sortir.

Complètement déchainé, l'équipage du Firefly (car c'est bien de lui dont il s'agit (4)) recharge à toute vitesse le canon, oriente la tourelle sur sa droite, et aligne le Tigre qui couvrait le Panzer IV. Avec une précision mortelle, le tireur fait à nouveau mouche ; l'obus pénètre le blindage du char allemand, tuant l'équipage sur le coup !

Les allemands viennent de perdre deux blindés en l'espace de quelques minutes ! C'est la stupeur !


L'élan est brisé, et ce d'autant plus que les deux blindés restant ne parviennent pas à ébranler les positions britanniques devant eux. A l'abri des murs des maisons normandes, les anglais ne bronchent pas et laissent passer l'orage.
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Superbe AAR ! Et je mesure le temps mis à le composer.


Hors ligne Uphir

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Merci. Ce fut une chouette partie... elle mérite bien un petit CR détaillé. ;-)
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Acte II - Et le ciel leur tomba sur la tête

D'âpres combats à courte distance s'engagent entre soldats anglais et allemands mais bien abrités derrière les murs des bâtiments du centre ville, aucune perte significative n'est infligée et les nerfs tiennent de part et d'autre.

Au centre, sous la pression, quelques groupes de britanniques se replient en bon ordre sur les hauteurs à l'ouest de la ville (1) permettant ainsi à leurs adversaires de gagner quelques centaines de mètres et de venir menacer le Cromwell qui garde l'accès au carrefour.

Au sud, les allemands tentent de déborder les positions anglaises mais échouent à poser des fumigènes et doivent s'exposer aux tirs des défenseurs ; ils se retrouvent cloué sur place, à découvert (2). Seule la carcasse du Panzer IV qui continue de se consumer sur leur droite leur évite d'être pris en feu croisé... et une situation encore plus défavorable.

Au nord, les deux Tigres survivants font feu de tout bois sur la maisonnette dans laquelle s'est abrité le groupe anti-chars ennemi mais rien n'y fait ! Ni les mitrailleuses embarquées, ni le pourtant redoutable canon de 88, ne parviennent à ébranler cette poignée de braves. Et même si le PIAT est loin d'être l'arme anti-blindés la plus redoutable de l'époque, Wittmann ne veut pas prendre le risque de passer en force et de prendre un projectile HEAT dans le flanc ou sur l'arrière.

Inutile depuis sa position excentrée, le groupe porteur du Panzershreck passe derrière l'un des Tigres pour rejoindre les combats au centre du bourg mais ils se font cueillir par un tir de LMG et doivent se replier dans l'arrière ville.


Soudain, un sifflement aigu venu des cieux vient couvrir les cris porteurs d'ordres et d'encouragements et le claquement sec du tir des armes individuelles ; le leader britannique, qui a retrouvé de l'allant après sa déroute initiale, parvient à contacter la batterie de mortiers à quelques distances de là et cette dernière rentre en action. Cette première salve de tir dévie légèrement pour atterrir... en plein cœur de la ville, au milieu du gros de l'infanterie allemande (4). Pour les défenseurs mis sur le reculoir, on n'aurait pu espérer mieux !

Le barrage ébranle fortement les assaillants. Un groupe de combat s'effondre aussi bien mentalement que physiquement (12 au MC !), perdant la moitié de ses hommes dans un nuage de shrapnel et de débris, un autre, qui s'apprêtait à attaquer le Cromwell, est cloué sur place avec le sous-officier les dirigeant venu apporter son leadership dans cet exercice périlleux.

L'assaut, qui peinait déjà à progresser, se voit complètement désorganisé...

Malgré les cela, surgissant d'un bâtiment encore debout, un groupe d'allemands encore vaillant parvient à surmonter sa crainte et engage le Mk VI, qui vient d'enrayer sa coaxiale, en combat rapproché. La manœuvre est si bien exécutée que les attaquants surprennent l'équipage du blindé mais malheureusement, ils cafouillent en préparant leurs mines magnétiques... et laissent passer leur chance de détruire cet obstacle qui les bloque depuis le début (5).

Décidément, quand rien ne va...
« Modifié: 18 Juillet 2026, 17:27 par Uphir »
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Acte II - Et le ciel leur tomba sur la tête


Le titre est en rapport avec tes déboires avec un certain jeu en crowfunding ?  :-D
Le problème avec les experts, c'est qu'ils n'ont aucune idée de" ce qu'ils ignorent


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Le titre est en rapport avec tes déboires avec un certain jeu en crowfunding ?  :-D

 :-D

Non, non ; là le ciel (enfin l'artillerie !) m'est vraiment tombé sur la tête ! Et ce n'est pas fini ! :-D
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Acte III - Are you ready to rubble ?

L'artillerie britannique poursuit son barrage et bien que les tirs se déportent légèrement vers le carrefour, menaçant leurs propres positions, ce sont encore les allemands qui encaissent le gros de l'orage d'acier. Visiblement, c'en est trop pour le leader allemand qui menait l'offensive ; il craque devant ses hommes... lesquels, au contraire, deviennent fanatiques (1) ! Le Cromwell CS et ses assaillants qui jouent au chat et à la souris au milieu des bâtiments du centre ville, eux aussi sous les obus de 76mm des mortiers, tiennent le coup et poursuivent leur ronde mortelle sans que personne ne parvienne à prendre l'avantage.

Au nord de Villers-Bocage, un des Tigres parvient enfin à démoraliser le groupe anti-chars adverse qui se voit contraint de reculer, démoralisé (2). Cela ouvre la voie à Wittmann qui va pouvoir s'approcher du croisement tant convoité.

Au sud, les allemands continuent de mettre la pression en tentant de déborder ; un groupe de combat est mis en échec par le feu des défenseurs et craque, mais leurs coéquipiers, équipés de la MMG qui a quitté sa position en retrait pour monter au front, parvient à se positionner dans une maison qui domine le vallon (3). Ce n'est pas extraordinaire mais au moins ces fantassins ont-ils espoir d'avancer au delà de la route de Caumont et d'intercepter ce qui pourrait arriver par l'ouest, même si leur champ de vision est limité par les bois environnants.

Dans une manœuvre osée, et débarrassé (provisoirement) de la menace du PIAT, Wittmann ordonne à son équipage de faire mouvement. Le Tigre n° 222(*) dévale la petite pente et opère un large contournement par le nord pour aller chercher une ligne de tir sur le flanc du Firefly qui domine les combats (4). Malheureusement, pour une toute petite avancée rocheuse sur la ligne de crête, l'allemand n'a pas de vue sur son rival ; rageant !



Alors qu'il jette un coup d'oeil rapide par la fenêtre de son abri pour commander une nouvelle mission d'artillerie, le leader britannique est atteint par une balle de sniper. Il s'en tire avec une blessure à l'épaule... et une belle frayeur. Encore un coup qui ne passe pas loin pour les allemands mais qui ne suffit pas à inverser le momentum qui est clairement en faveur de leurs adversaires.

Un momentum qui va prendre un tournant incroyable quelques secondes plus tard.

Quasiment à bout touchant, le Cromwell fait feu de son obusier sur les fantassins qui l'assaillent. Le tireur exécute parfaitement sa tâche et l'obus de 95mm atterrit au milieu des attaquants, ne leur laissant aucune chance ! Mais ce n'est pas tout ! Probablement fragilisé par l'intensité des combats, le bâtiment tout entier s'effondre sur le blindé, le coinçant sous les décombres. Et dans un effet domino, ce sont deux autres maisons attenantes qui s'écroulent à leur tour... dont une sur une dizaine de soldats allemands et leur sous-officier qui tentait de les rallier.

En un seul tir, et par un coup du sort que seule la "fortune of war" peut engendrer, les anglais éliminent un tiers de la force allemande et leur meilleur officier !

Les rues de Villers-Bocage au lendemain des combats témoignent de leur intensité

(*) Fun fact découvert en rédigeant ce CR ; les historiens s'écharpent sur le numéro du Tigre que pilotait Michael Wittmann durant son attaque sur Villers-Bocage. Il est certain qu'il ne commandait pas son char habituel, le 205, car ce dernier était en panne le 13 juin. Longtemps, il a été admis qu'il était à bord du numéro 222 mais certaines photos d'archive semblent montrer ce Tigre roulant quelques jours après les combats, ce qui est incompatible avec le fait que Wittmann et ses hommes l'aient abandonné dans les rues de la ville après qu'il ait été immobilisé.

L'hypothèse la plus récente est qu'il était aux commandes du char 212, même si la question n'est pas encore définitivement tranchée.
« Modifié: Hier à 14:47 par Uphir »
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A notre prochaine rencontre, je te raconterai comment l'OBA peut ruiner un scénario .... Confer pour les ceusses présents au dernier TM, les déboires subis lorsque l'OBA est tombé sur la gare de Ponyri  :-@
J'en fais encore des cauchemards. :pleure:
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Tu as posté juste quelques secondes avant moi, mais c'est exactement ce qui était arrivé à mes allemands
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J'ai beaucoup aimé la gestion de l'OBA découverte dans ce scénario ; comme toujours avec ASL, le process est complexe mais logique, et le rendu crédible. Après, sur un scénario très "ramassé" comme celui là où les fantassins sont très concentrés, cela fait mal quand ça tombe pile poil où il faut (ou ne faut pas selon le camp).

...

Acte IV - un dernier espoir ?

Abasourdis, les allemands peinent à reprendre leurs esprits.

Bien que surmotivés, les allemands devenus fanatiques sous l'effet du tir d'artillerie ennemi se font clouer sur place dans les ruines du centre ville par le feu anglais, les empêchant ainsi à leur tour de tenter de détruire ce diable de Cromwell Mk VI. Et c'est la dernière mitrailleuse opérationnelle de ce blindé (celle de coque) qui vient à bout de leur moral, pourtant élevé, les obligeant à se retirer du front.

Au sud, le sniper anglais se révèle et, de quelques tirs bien sentis, vient démoraliser l'un des rares groupes de soldats teutons encore combattifs. A ce stade, il ne reste plus un squad qui ne soit pas brisé !

Le chaos est total... et le KO n'est pas loin non plus pour les forces du Reich.

Le dernier sous-officier allemand parvient néanmoins à rallier une poignée d'hommes juste avant que les anglais ne contre-attaquent sur sa position ; il réussit avec ses quelques courageux à repousser quelques adversaires mais ne peuvent empêcher une partie de leurs collègues de se rendre (failure to rout) ; ces malheureux seront exécutés sans autre forme de procès (no quater !). Les allemands vengeront leurs camarades en éliminant leurs bourreaux dans une dernière mêlée victorieuse.

Alors que l'on approche du dénouement, le Firefly détruit un nouveau Tigre d'un tir victorieux alors que le blindé allemand tentait de prendre position en vue du carrefour convoité. L'équipage britannique, parfaitement dirigé (tank leader 9-1), n'aura manqué aucun de ses quatre premiers tirs et aura aligné pas moins de trois chars adverses ! Et pourtant, il s'agit là du dernier coup d'éclat de cet équipage héroïque...

En effet, profitant que l'attention de son adversaire est occupée, le Tigre de Wittmann avance encore de quelques mètres pour effacer cette ligne de crête qui faisait obstacle entre lui et sa cible. Les anglais tentent bien de faire face à cette nouvelle menace, pivotent la tourelle en toute urgence, mais le canon, probablement surchauffé par l'enchainement, casse au moment du tir. Wittmann ne laisse pas passer sa chance et à bout portant, il élimine (enfin !) le Firefly qui lui a tant coûté.

C'est malheureusement trop tard pour inverser le cours des évènements.

Quelques instants plus tard, le carrefour et ses environs se retrouvent noyés sous une pluie de fumigènes tirée par la batterie de mortiers britanniques. Dans le lointain, le bruit de moteurs de deux Cromwells fonçant vers l'obejctif se fait entendre.

La partie est finie et les allemands préfèrent se retirer, ayant perdu trop d'hommes et trop de matériel dans ces combats autour de Villers-Bocage. La ville est anglaise et la route vers Caen est ouverte...
« Modifié: Hier à 17:00 par Uphir »
"Je crois que pour tout homme, l’apothéose vient lorsqu’il s’est bien battu pour la bonne cause et gît, épuisé, sur le champ de bataille… victorieux !" - Vince Lombardi.


Hors ligne Uphir

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Et un petit mot de conclusion...

En déroulant le log de la partie pour rédiger ce CR, je me suis rendu compte à quel point les dés avaient été taquins avec moi (pour ne pas dire autre chose). Entre les jets de moral ratés pour la plupart malgré mon Moral de 8, le "6" sur le jet de "mines magnétiques" (qui m'aurait permis d'éliminer le Cromwell sur un 8- avec l'ambush en plus... et qui à la place me laisse "Pin" au corps-à-corps), les trois tours de feu passés à tirer avec tout l'armement de deux Tigres sur des anglais (au PIAT) inébranlables. Pffff...

Et que dire de ce qu'ils ont réservé à mon partenaire ; entre son Firefly déchainé, son OBA qui dévie toujours là où il faut, son Cromwell qui sort le critique qu'il faut, quand il faut, lequel, cerise sur le gâteau, fait s'effondrer les bâtiments sur mes propres troupes.

Re pffff...

Et pourtant, en rédigeant ce CR, je me rends compte une nouvelle fois à quel point ces jets ont fait naître un récit haletant, passionnant, spectaculaire ! C'est bien simple ; quand on jouait, et malgré cette succession d'aléas contraires à mes intérêts, j'étais "dedans". C'était tellement immersif ! Surtout avec un joueur expérimenté comme L'éléphant qui rend le jeu plus fluide.

Bref, c'était encore une fois top !

Au delà des dés, je pense que mon plan n'était pas trop mauvais mais j'ai clairement manqué de prudence avec mes chars, en en perdant deux dès le premiers tours. Mais je suis assez content de ma manoeuvre avec Wittmann qui a fini par m'offrir la peau du Firefly. Sans dire que je suis à l'aise avec les AFV, cela commence à rentrer et on va continuer à les jouer.

Côté apprentissage, le scénario m'a fait découvrir l'OBA que je ne connaissais pas, la possibilité de détruire un blindé avec de l'infanterie cachée dans un bâtiment quand il passe à côté (encore une belle trouvaille qui doit rendre les combats urbains palpitants tout en faisant ressortir la vulnérabilité de ces mastodontes dans ce genre de terrain), et encore deux ou trois choses qui me ne me reviennent pas pour le moment.

Encore une belle partie, encore un bon moment autour de ce jeu. Merci L'éléphant et au plaisir de remettre ça ! ;-)
« Modifié: Hier à 15:56 par Uphir »
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Hors ligne Lorenzo

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palpitant !

Merci Brice :-) :-) :-)
si vis pacem para bellum